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Fuir... mais pour aller où ?

 
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Capucine Berthelot
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MessagePosté le: Jeu 6 Déc - 05:20 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

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Elle avait marché durant plusieurs jours, depuis sa fuite de l'auberge. La tête vide, comme refusant de réfléchir à ce qu'elle avait fait et aux conséquences que cela aurait, elle posait un pied devant l'autre, ne s'arrêtant que lorsque son corps refusait de la porter plus avant. Après le village, elle avait marché en direction du soleil levant, apercevant au loin les prémices d'une forêt dense et espérant y retrouver refuge. Dans les rues, elle avait couru, la nuit était encore haute et les alentours étaient déserts et silencieux. Plus tard, dans les champs qui bordaient le village, son allure avait ralenti, c'est dissimulée sous sa cape qu'elle avait traversé les terres et les pâturages, attentive aux moindres mouvements ou sons autour d'elle, inquiète de passer en terrain découvert. Cette fuite lui rappela un moment ces jeux qu'elle faisait étant enfant avec ses frères... Ne pas se faire voir. Ne pas se faire attraper. Voilà les deux règles d'or. Continuer à avancer jusqu'au but... voilà la dernière. Mais à cet instant, ainsi seule et perdue, elle ignorait quel était son but. Elle se contentait d'avancer, droit devant, mettant le plus de distance possible entre elle et ce village.

Il se mit à pleuvoir à l'aube, avant même que le soleil n'illumine de ses rayons les paysages de campagne, la terre battue du chemin s’amollit sous ses pas, ses chausses s'enfonçant dans la boue et glissant sur les pierres. Quand le jour fut totalement levé, elle se dissimula dans un buisson et s'endormit. Son sommeil dura presque tout le jour.

Elle reprit sa route à son réveil, partant en direction opposé du soleil qui venait de disparaitre à l'horizon.

Ainsi, deux nuit de marche s'écoulèrent.
Les repos qu'elle prenait n'étaient pas salvateurs, les sens en alerte au cas où elle se ferait surprendre, trempée jusqu'aux os, souvent mal installée, elle qui avait longtemps été habituée à la douceur confortable d'une couche dans une chambre chaude.

Elle atteignit enfin l'orée de la forêt qu'elle avait aperçu depuis le village assez tôt dans la troisième nuit de son périple. Abritée sous les hauts arbres, dans cette pénombre sécurisante, elle relâcha enfin la pression qui lui vrillait les nerfs depuis le début de sa fuite. Elle avança encore un peu, puis découvrant un chêne qui semblait avoir vu passer des dizaines et des dizaines d'années, elle se laissa choir au sol, se calant entre ses racines.
A quoi pouvait elle ressembler alors ?
Elle avait fui avec la robe de nuit que les servantes lui avait passé à l'auberge, mais la blancheur du vêtement avait passé, tâché de boue et humide, collant à sa peau nue en dessous. Elle avait abandonné le premier jour de pluie, ses chausses de tissu et voyageait depuis lors pieds nus. Ses longs cheveux roux étaient emmêlés... A en jurer qu'elle était née fille de paysan.

Son estomac lança une complainte déchirante, comme s'adressant à la cime des arbres, hurlant sa faim, mais elle était épuisée, incapable d'aller chercher de quoi se nourrir.... et d'ailleurs, où aller en chercher ? Impossible de revenir en arrière, de s'approcher des maisons. Elle ignorait tout des plantes qui se mangeaient ou non.

Elle se recroquevilla sur elle même, serrant ses mains sur son ventre et se mit à sangloter en silence, ses larmes semblant résonner autour d'elle dans la plus intense solitude.

Finalement, ses yeux embués se fermèrent et elle s'endormit dans les racines énormes du chêne...
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Flavien Isidor
Invité

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MessagePosté le: Jeu 6 Déc - 08:21 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant


Des bruits de pas résonnaient dans la forêt. Quelqu'un fuyait rapidement, se frayant un chemin dans la forêt, a travers l'épaisse végétation. Des bruits de pas rapides, qui claquaient contre le sol semi humide d'une forêt dense et froide. Et ce quelqu'un qui fuyait, visiblement terrorisé par ce qu'il y avait derrière lui. Et cela dura longtemps, bien longtemps, si longtemps que ce quelqu'un sorti de tout territoire réellement revendiqué, et en vînt a rejoindre une espèce de no-man's land n'appartenant a aucun seigneur connu, probablement du fait d'une lignée s'étant éteinte... Car les forêts ne sont pas dénués d’intérêt, fournissant du bois nécessaire a beaucoup d'activités, mais ici, c'était visiblement un no-man's land... Un endroit ou cette fugitive personne espérait trouver un certain repos.

Et voila que cette ombre fugitive se retrouve là, a proximité de racines dessinant comme une légère couche, sur laquelle était posée un femme, a la robe blanche, usé par sa propre fuite et par son aventure dans la forêt. Le fuyard dont on parlait pouvait là se régaler du regard.

Ce fuyard en question, cet homme bourru et grand, était un criminel en fuite des territoires de Flavien, a qui le seigneur avait donné la chasse avec quelques uns de ses hommes... La chasse a l'homme, la chasse au criminel, voila un loisir inconnu pour Flavien, mais qui l'amusait énormément, car aucun animal ne pouvait faire preuve de plus de ruse que l'homme.
Et le fuyard en question, qui maintenant, n'entendait plus les bruits des chiens lui ayant donné la chasse, il se pensait tranquille. Et en cadeau, la forêt lui offrait une jolie jeune fille pour se remettre de ses efforts.

Aussi, le fuyard n'attendit pas plus longtemps, et se pencha au dessus de la jeune femme, l'attrapant fermement, et la réveillant probablement, tout en l'empêchant de crier, en posant sa main sur sa bouche, il lui dit doucement, d'une haleine chargé et d'un air plus que malveillant.


"Du calme, ma mignonne... On va passer un bon moment, tout les deux... Tu va voir."


Le fuyard se pencha vers le visage de la jeune fille, sa grande bouche entr'ouverte, la langue sortie, maintenant avec facilité la jeune fille en place de ses muscles puissants.
Et ce dernier se figea, quelques centimètres avant que sa langue ne touche la peau de la jeune femme. Un sifflement aigu s'était fait entendre une seconde auparavant, et les muscles de l'homme relâchèrent Capucine... Trois flèches plantés de le dos du fuyard expliquaient facilement ce qui venait de se passer. L'homme s'effondra sur le côté, a côté de la jeune femme. Et très rapidement, 5 hommes arrivèrent, 4 casqués, habillés comme des militaires, et un, habillé comme un noble, les yeux verdoyants.


"Je ne pensais pas que la chasse aux criminels puisse être aussi amusante... Et j'ai visiblement eu une bonne idée, en faisant taire les chiens, pour ne pas l'alerter... Ramenez les chevaux par ici, nous allons pouvoir rentrer maintenant..."

Puis, tournant son regard vers la jeune femme, il lui demanda d'un ton légèrement agressif, tout en mettant la main sur son épée.

"Et vous, vous êtes qui ? Sa femme ? Une complice ?"
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Alahel Nepthys
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MessagePosté le: Ven 7 Déc - 12:20 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

Alahel avait tout vu. L'homme s'avançant vers la jeune fille. Les soldats. Le cavalier. Les flèches.

Tapis derrière un bosquet, à quelques mètres de la scène, le jeune homme serrait fermement son bâton contre sa poitrine, contrôlant son souffle, faisant de son mieux pour ne pas se faire repérer.

Le bruit des sabots devint de plus en plus fort, et Alahel crut pendant un instant qu'il s'était fait repéré, qu'ils venaient pour lui. Mais le cheval s'arrêta avant d'atteindre sa cachette.

"Je ne pensais pas que la chasse aux criminels puisse être aussi amusante... Et j'ai visiblement eu une bonne idée, en faisant taire les chiens, pour ne pas l'alerter... Ramenez les chevaux par ici, nous allons pouvoir rentrer maintenant...""

Une voix claire, posée, calme. Un noble sûrement. Alahel risqua un coup d'oeil à travers les branches pour voir la scène.

"Et vous, vous êtes qui ? Sa femme ? Une complice ?"

Une complice ? Non, certainement pas.

Cela faisait près de deux jours qu'Alahel suivait la jeune fille. René "le bourru", le chef de la petite bande d'hors-la-loi qui vivait dans la fôret lui avait confié comme mission d'abattre "l'intru qui avait pénétré à l'ouest". C'était la première fois. La toute première fois qu'Alahel s'était vu attribué une mission. La toute première fois que la bande lui témoignait sa confiance, depuis qu'il l'avait rejoint quelques mois auparavant.

Des prisonniers évadés, des paysans criblés de dettes voulant échapper aux geôles, des voleurs, des mendiants, des esclaves en fuite... les habitants de la forêt rassemblaient ce qu'il y a de pire en ce bas monde. Retranché au coeur de la forêt, là où même les seigneurs ne s'aventuraient pas lors de leurs chasses, le petit groupe vivait du braconnage et de la cueillette. Certains s'aventuraient parfois dans les villages alentours la nuit afin de voler du bétail. Tous obéissaient au chef, René. On ne savait pas vraiment qui il était, mais certaines rumeurs disaient qu'il avait été un tueur autrefois, condamné à mort dans plusieurs seigneuries. A chaque fois il s'était échappé. Alahel n'avait jamais voulu donner foi à ces histoires, René avait toujours été juste avec lui, et avec chacun des membres de la bande. Brutal, mais juste. Et il venait tout juste de lui confier une tâche. "Abattre l'intru".

Il ne fallu pas longtemps au jeune homme pour trouver cet intru. Pendant deux jours, il la suivit constamment, sans jamais la perdre du regard. L'intru était loin de ce qu'il s'était imaginé. L'exacte opposée même. Une jeune fille vêtue de blanc, ou plutôt dont le vêtement laissait suggerer une certaine blancheure avant qu'il soit maculé de boue. Une fille d'un village voisin qui s'était perdue ? Non. Tout laissait penser au contraire : sa démarche, ses vêtements, son air peu assuré, son visage... Non, assurément pas une paysanne.

Il devait la tuer. Si elle s'aventurait plus profond dans la forêt, elle risquait de découvrir le groupe. Et René lui en avait donné des ordres. S'il ne l'abattait pas, Alahel mettait en péril la vie de ses camarades. Mais...elle n'avait rien fait de mal. Contrairement à certains membres du groupes, Alahel n'était pas un meurtrier. Tuer de sang froid, il ne l'avait jamais fait.

Elle avait froid, elle semblait apeuré, terrorisé. La faim et la fatigue se lisait sur son visage. Alahel avait connu ça, lui aussi. Lorsqu'il s'était enfuit de chez ses maîtres. La peur au ventre, l'estomac vide, les nuits glaciales. Il savait que ce que la jeune fille ressentait, et après deux jours de traque, il en vint même à développer une certaine empathie. Il faisait du mieux qu'il pouvait pour chasser ses émotions, pour essayer de se mettre dans la peau d'un tueur implacable, dénué de tout sentiment, mais il n'y arrivait pas.

Elle dormait à présent, frigorifiée, les yeux fermés, le visage sale. L'occasion parfaite pour l'achever. Un coup de bâton sur la tête pour l'assomer. Puis un coup de couteau pour l'égorger. René lui avait appris comment faire. Cela semblait facile. Sortant du couvert d'un arbre, marchant avec précaution, Alahel s'avança en silence jusqu'à elle.

Malgré la crasse, elle était belle. Elle avait davantage besoin d'un sauveur que d'un tueur. Davantage besoin d'aide que d'un menace de mort. Les mains crispés sur son bâton, Alahel essayait de se départir de ses émotions alors qu'il contemplait la jeune fille. Il devait la tuer. Pour sa propre sécurité. Pour celle du groupe qui l'avait accueillit. Des milliers d'émotions traversèrent le jeune homme. Il pourrait partir. Rentrer au camp. Dire à René qu'il ne l'avait pas trouver. Ou bien l'emmener avec lui.

Non. Il secoua la tête. Elle n'appartenait pas à ce monde. Sa peau, ses traits fins, sa robe blanche... elle était sûrement née dans un château. Et ses camarades ne lui pardonnerait pas cela.
Alahel s'accroupit auprès d'elle, et chercha un morceau de pain dans le sac qu'il portait sur son dos. Il le rompit et en posa une moitié aux cotés de la jeune femme, avant de reculer.

Il avait pris sa décision. Elle ne méritait pas de mourrir. Pas de sa main. Il n'avait rien de plus à lui offrir pour calmer sa faim, et il ne pouvait pas l'emmener avec lui au camp. Jetant un dernier regard vers elle, le jeune homme s'éloigna pour gagner le couvert d'un bosquet et s'assoupit à son tour.

Jusqu'à ce qu'il entendit des bruits de sabots.
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Capucine Berthelot
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MessagePosté le: Ven 7 Déc - 14:43 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

La jeune femme avait sombré dans le sommeil depuis déjà plusieurs heures et c'était d'un repos sans rêve qu'elle s'oubliait. Il y avait juste le néant, l'obscurité et la quiétude de cet instant d'inconscience sécurisant, après cette longue cavalcade dans la campagne.

Cet homme en fuite, son crime, les chiens et les cavaliers qui le poursuivaient, elle n'en avait pas plus conscience que du danger imminent que les uns et les autres représentaient. Elle était loin, blottie confortablement entre les racines du chêne qui lui faisait comme un berceau. Pourtant, ils approchaient. Comme le son du vent qui souffle dans les arbres un peu plus fort, repoussant les entraves des buissons, des ronces et des branches devant son passage, le criminel écrasait la mousse sous ses pieds, trébuchant, courant encore, comme elle quelques heures plus tôt. Et comme elle, il trouva dans ce bois le refuge qu'il cherchait. Les battements de son cœur s'apaisèrent et il dut prendre le temps de reprendre son souffle, ralentissant la cadence sans toutefois s'arrêter... jusqu'à ce qu'il l'aperçoive.

Vision étrange de cette jeune femme abandonnée au pied d'un arbre centenaire qui lui fit oublier la prudence et la horde qui le traquait.

Elle ne l'entendit pas approcher.

Mais en une seconde, le brouillard sombre du sommeil se transperça quand une main vint se plaquer sur la bouche de Capucine et qu'une autre, solide, la plaquait au fond de son berceau naturel, devenant alors une vraie prison. Ses yeux clairs s'ouvrirent en grand, d'un coup, tombant sur le visage peu avenant de cet homme au dessus d'elle. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, si fort qu'elle crut qu'il avait explosé. Un souffle faisant vibrer ses cordes vocales voulut s'échapper d'entre ses lèvres, mais il se mua en un gémissement à peine audible, contenu par cette paume appuyée hermétiquement. Ses épaules et ses reins tentèrent de se soulever, de faire basculer cet assaillant inconnu, mais le creux des racines dans lequel elle s'était imbriquée, s'y croyant en sécurité, l'avalait et contraignait le moindre de ses mouvements.

"Du calme, ma mignonne... On va passer un bon moment, tout les deux... Tu va voir."

L'air expulsé par ses narines gonflées s'accéléra brusquement. Le danger était réel, et bien que son esprit fut encore embrouillé du sommeil qu'elle avait brutalement quitté, elle savait que si elle ne se sortait pas de cette situation, les choses allaient empirer. Elle tenta de se débattre, secoua son bassin, soulevant son buste, mais le poids du corps de l'homme et ses mains l'immobilisaient comme une tenaille.

Tandis qu'il approchait son visage, elle sentit son haleine lourde et puante souffler sur son visage, une langue hideuse et chargée s'extirpa de la bouche de l'homme comme un serpent et se tendit vers elle. Elle redoubla d'effort pour se soustraire à l'attaque, même si elle savait cela vain, la peur l'animait sans qu'elle ne contrôle plus rien.

A l'instant où la langue ennemie allait l'atteindre, l'expression de l'homme changea brusquement : son regard se figea, surpris, il redressa la tête et sa bouche se tordit en un rictus étrange. Seulement secouée par les battements effrénés de son propre cœur, Capucine ne bougeait plus, tétanisée. Quelques secondes plus tard, les yeux de son assaillant se révulsaient et il tomba sur le coté, la libérant de son étreinte.

Elle resta quelques minutes étendue, incapable du moindre mouvement, regardant droit devant elle. Puis lentement, elle redressa le cou et aperçut devant elle des soldats en armure, certains chevaux en bride, d’autres armés d’arc et s’approchant lentement du corps inerte près d’elle. Doucement, le regard de Capucine glissa jusqu’à l’homme le plus près d’elle, comme venu s’assurer de la mort de son agresseur. Un noble, à n’en point douter. Dans son regard luisait cette étincelle victorieuse et assurée des gens des classes hautes, sa tenue était propre et élégante et il dominait la situation d’une expression sûre. Quand à son tour, son regard croisa celui de la jeune femme, il sembla hésiter. Capucine perçut ce changement infime et se redressa légèrement sur les coudes, sans mouvement brusque. Grand bien lui fit de s’être ainsi montrée prudente, car dans la seconde il posait la main sur la garde de son épée et la hélait d’une voix sèche :

"Et vous, vous êtes qui ? Sa femme ? Une complice ?"

Elle inspira lentement, cherchant à garder la tête froide, même si son regard oscillait avec rapidité entre les gardes derrière et ce seigneur inconnu, ne sachant de qui être la plus inquiète. Elle repensa brusquement aux soldats qui l’avaient « escortée » jusqu’à cette auberge dont elle avait fui. Impossible qu’ils ne soient pas mis au courant si une escouade et un seigneur dénichait une femme en plein bois, à quelques lieues à peine de la dite auberge, tandis que d’autres soldats eux même en cherchaient une ayant échappé à leur vigilance…

Non. Non, elle ne retournait pas en arrière, elle ne se soumettrait pas à la pression exercée contre les siens. Elle n’épouserait pas cet arriviste qui tenait son père et son frère en joue. Les soldats ne la reprendraient pas…

Reprenant ses esprits avec cette résolution implacable, elle se releva lentement, tête baissée, mesurant chacun de ses gestes. En s’appuyant sur les racines de l’arbre, sa main se posa sur la moitié d’une miche de pain, posée là, comme par enchantement. Elle n’eut pas le temps de s’attarder sur la réflexion de sa provenance même si cela l’intrigua, mais son ventre se tordit en la voyant et dans un même mouvement, elle la récupéra et se remit debout.

Enfin, face au seigneur, elle conserva tête basse, tant pour dissimuler son visage derrière ses cheveux que pour lui signifier une certaine acceptation de sa condition inférieure. Il ne fallait pas que ce dernier prenne un quelconque ombrage de sa présence, elle devait rester discrète loin de toute forme de noblesse.

Elle secoua lentement la tête de droite et de gauche, faisant voler les longues mèches rousses mais sans dire un mot. Avec un peu de chance, il la croirait muette et sans intérêt et rebrousserait chemin avec ses hommes.


Dans son dos, ses mains croisées se refermaient nerveusement sur la miche de pain trouvée...
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Flavien Isidor
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MessagePosté le: Mar 11 Déc - 18:06 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant


La jeune femme faisait non de la tête... Sans expression de défi affiché, sans rien de méprisant ou d'un air de bandit... L'homme en question n'était pas connu pour avoir des complices... Pas des complices vivants, en tout cas, aussi, Flavien réfléchit quelques instants, et jugeant les probabilités d'une telle supposition fausse, il rengaina a moitié son épée.

Elle n'avait pas prononcé un mot encore... La jeune femme était muette ? Si c'était le cas, elle gagnait en intérêt pour le jeune seigneur, souffrant trop a son goût, des gémissements et des plaintes des femmes qui pouvaient souvent venir a l'entourer. Flavien n'était pas tellement un salaud avec les femmes autour de lui... Mais ce n'était pas non plus un bon et doux seigneur. Ni forcément, un seigneur plus juste qu'un autre.
Quoi qu'il en soit, les faibles femmes murissent dans les forêts, et il en tombe visiblement souvent des arbres, se dit il, amusé par son propre trait d'humour, ce qui est caractéristique des orgueilleux et des narcissiques, pourrait on dire.

Et ainsi réfléchit il pendant une bonne poignées de secondes, pendant lesquelles ses hommes commencèrent a se demander quoi faire.
Flavien sorti de ses propres pensées, et jaugea la situation: Une jeune femme a l'air un peu fragile, visiblement pas sorti d'un château voisin, ou en tout cas, pas a sa connaissance, et qui était là, comme une gueuse en fuite... Situation intéressante pour lui. Inutile de se montrer brusque ou méchant, visiblement, la donzelle en face devait avoir eu son lot. Faire contraste, voila qui pourrait être amusant, aussi, fini il par dire, en se penchant un peu.


"Hmmm... Vous avez plus l'air d'une victime, que d'une complice... Désolé si je me suis montré un peu méfiant, mais ce bandit avait mérité ce sort, je vous rassure... Quoi qu'il en soit, allez vous bien ? Je ne sais pas qui vous êtes, mais vous m'avez l'air dans une situation... Désagréable... Je me nomme Flavien, Seigneur de l'Est, d'un fief plutôt éloigné d'ici, d'ailleurs... Vous ne me connaissez probablement pas. Quoi qu'il en soit, je pense pouvoir dire que vous n'avez pas a me craindre, même si j'avoue que l'exemple gisant ici présent donnerait a croire le contraire... Mais je ne chasse et ne tue, que les bandits récidivistes avec lesquelles je fût trop clément... Bref, je soliloque, et je n'obéit pas a la courtoisie la plus élémentaire. Si vous permettez..."

Lui lança t'il, en lui tendant la main, l'arrêtant a une distance respectable, pour l'aider a se relever.

"Si je puis me permettre, j'ai l'impression que vous avez quelque chose dans vos mains... Un quelquonque objet que le malandrin souhaitait vous dérober, j'imagine... Je ne sais pas ce que c'est, mais je ne pense pas que vous ayez a craindre que je le vole... A moins qu'il s'agisse d'un trésor inestimable.
Je plaisante, bien sur !"

Rajouta t'il, d'un demi-sourire amusé, tout en poussant un soupir d'humeur joyeuse. Flavien se retourna une demi seconde vers ses hommes, leur faisant signe d'un pas en arrière, ce qu'ils firent avec obéissance, l'air un peu décontenancé par le visage amical qu'offrait Flavien. Un visage pas forcément des plus rares, mais dont on pouvait difficilement juger du degré d'honnêteté.
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Capucine Berthelot
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MessagePosté le: Mer 12 Déc - 13:27 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

[HRP : désolée pour ta main tendue, mais je m'étais déjà remise debout dans le précédent post !]

Le silence est souvent le plus tendre ami de l'observation, car loin d'être concentré sur ce qui sort de notre bouche, tout notre être peut se focaliser sur ce qui se passe autour, attentif au moindre détail. Ainsi, malgré son visage baissé, le regard de Capucine ne perdait pas une miette de ce seigneur si semblable à d'autres, menaçant et sûr de son pouvoir avec son épée en main. Pourtant, après quelques secondes qui semblèrent s'étirer, sa pupille aiguisée perçut le léger mouvement de la lame qui se rengainait dans son fourreau. Même si ce geste était une ébauche de victoire quant à son salut, elle ne se ravisa pas dans son attitude prostrée, n'offrant aucun changement perceptible à son interlocuteur. Battant des cils lentement, elle continua à l'observer, discerna ce sourire léger qui se dessina sur le visage masculin sans qu'elle n'en sache la raison. Mais ce silence prolongé et partagé, cette immobilisme incompréhensible alors que bien souvent, les seigneurs se montrent prompts à rendre jugement, commençait à semer le doute, tant parmi les soldats restés en arrière et dont l'agitation légère trahissait l'impatience, que pour Capucine, suspendue à ce que le noble allait dire.

Finalement, il parla enfin.

Et il ne fut pas avare ! Ce fut un vrai flot de paroles qu'il envoya déferler sur la fugitive, l'obligeant à mémoriser chaque mot, chaque tournure, chaque intonation.... car elle savait que tout ce qui était dit ne pouvait être traduit simplement comme les pages d'un manuscrit, la parole devait, pour être comprise et analysée, être associée au ton, aux expressions même infimes qui l'accompagnaient. Elle releva donc légèrement la tête et le scruta avec attention, buvant tout son discours. Et à mesure que les mots s'échappaient d'entre ses lèvres, l'homme semblait se détendre, oubliant son comportement menaçant pour adopter une allure plus frivole, presque badinante. La main tendue vers elle dans un geste princier, il acheva enfin son monologue.

Elle quitta donc le visage des yeux et l'abaissa vers cette main tendue, semblant hésiter.

Et en effet, elle hésitait.
Deux choix s'offraient à elle : tourner les talons et s'enfoncer plus profondément dans la forêt, mettre de la distance entre ces hommes et elle et fuir encore, au risque de se perdre ou de mourir de faim et de froid... au risque également de provoquer en eux un nouvel élan pour une chasse improvisée, une course qu'elle ne gagnerait à coup sûr pas. Ou, plus simplement, prendre le risque plus mesuré d'accepter cette main tendue, sans toutefois lui accorder sa confiance, répondre favorablement à ces courbettes qui lui étaient faites. Non parce qu'elle y voyait réellement une chance, mais parce que repousser les avances d'un seigneur, c'était comme lui cracher au visage. Et ce n'était pas le moment.
Après tout, il y avait peut être une chance que cet homme soit exactement ce qu'il prétendait être.

Le corps de la jeune femme sembla reprendre vie en une inspiration profonde qui lui fit redresser le cou et le buste, dégageant son visage de derrière ses mèches rousses éparses. Sans doute son port altier la trahirait si l'homme était physionomiste, mais ce simple détail ne suffirait pas à éveiller des soupçons solides. Gracieusement, plus tout du moins qu'une simple rustaude, elle avança d'un pas et leva une main blanche vers celle qui lui était tendue, l'y déposant avec douceur.

Ce faisant, son regard cristallin s'ancra dans celui du seigneur tandis que son autre main s'extirpait de derrière son dos, s'ouvrant comme une corolle pour y dévoiler la miche de pain écrasée entre ses doigts.


Enfin, lentement, ses lèvres roses s'ouvrirent, et elle prononça d'une voix douce et ténue :

- Je ne suis pas un danger.
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Alahel Nepthys
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MessagePosté le: Mer 12 Déc - 15:30 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

Le visage imperturbable, Alahel observait la scène. 

La vie de la jeune femme était désormais dans les main du Seigneur. S'il décidait de la tuer, il n'aurait plus qu'à repartir au coeur de la forêt et annoncer la mort de "l'intru".

Plusieurs secondes d'un silence insoutenable s'écoulèrent avant que, finalement, le jeune homme ne rengaine son épée. Ne sachant trop s'il devait se réjouir ou non de cette geste, Alahel s'éloigna doucement de sa cachette pour rejoindre le petit campement improvisé qu'il avait monté à la hâte avant de s'endormir: quelques branches assemblées pour protéger son paquetage de la pluie. Il était temps de s'en aller. Au plus vite. 

Accroupit, Alahel rassembla ses affaires dans le silence le plus total, ouvrant son sac avec une infinie précaution pour y rentrer le morceau de tissu troué lui servant de couverture, quelques baies qu'il était sur le point de manger avant d'être alerté par le bruit des chevaux, une pierre aiguisée, un morceau de pain. Jetant un regard par dessus son épaule pour s'assurer qu'il n'avait rien oublié, il boucla son sac. Il lui fallait à présent quitter la zone, revenir vers René et les autres habitants de la forêt. Sans aucun bruit. Ramper sur plusieurs dizaines de mètres avant de pouvoir enfin se relever et marcher, là où la forêt était plus dense. Surtout, ne pas rester sur place et attendre le départ de la petite troupe. Le risque était trop grand. Juché sur un cheval, les soldats du Seigneur n'auraient aucun mal à le repérer. 

Prenant une profonde inspiration, Alahel se saisit de son sac pour le passer sur ses épaules. Il jeta un dernier regard en arrière à travers le bosquet, un étrange frisson lui parcouru le corps. Avoir épargné la vie de la jeune femme, même s'il n'aurait sûrement pas eu la force de la tuer de sang froid, c'était une bonne chose. Quelque part, il avait contribué à sauver sa vie. Aussi longtemps que sa mémoire lui permettait de se souvenir, il ne se rappelait pas avoir fait une "bonne" action. 

Peu importe, il lui fallait rejoindre René et les autres hors la loi à présent. Rejoindre les siens, la seule famille qu'il possédait. 

Alors qu'il passait le sac sur ses épaules, une des lanières de cuir rompit soudainement. Usée par l'âge, l'absence d'entretien et l'humidité de la forêt, elle rendit son dernier souffle, et le sac chuta lourdement sur le sol, s'écrasant contre les branches mortes, répandant son contenu par terre.

Le temps s'arrêta pour Alahel. Figé, n'osant pas bouger d'un seul pouce, le jeune homme resta paralysé pendant plusieurs secondes.

Jusqu'à ce que du bruit se fit entendre au loin. Sans jeter le moindre regard derrière lui, l'ancien esclave se leva et se mit à courir. Faisant fi de toute discrétion, il courut comme s'il avait une meute de chiens à ses trousses. La pluie avait rendu le sol glissant et la terre meuble, mais Alahel connaissait bien la forêt. Les branches sur son passage lui lacéraient le visage, et de léger sillons ensanglantés commencèrent à apparaître sur ses joues, mais il ne ressentait aucune douleur. L'air froid qui remplissait ses poumons rendait la respiration difficile. Mais qu'importe. Courir. Courir. Toujours plus loin, toujours plus vite. Gagner le coeur de la forêt, la où personne n'oserait le suivre. Là où la peur des bandits serait plus grande que la confiance apportée par les arcs, les épées et les armures.

Courir.
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Flavien Isidor
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MessagePosté le: Mar 18 Déc - 13:00 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

[HRP: Désolé du délai]

"Moi non plus, je ne suis pas un danger. Pas d’inquiétude."

La main de la jeune femme se posa dans la sienne. Parfait. Excellent. Flavien espérait bien cette réponse positive de la part de cette jolie jeune femme des plus belle, a fortiori maintenant qu'il pouvait la voir avec plus de facilité. Une jeune femme rousse, une belle rousse, plutôt rare dans la vie, Flavien était assez heureux de pouvoir la regarder avec attention. L'allure générale, le semblant de grâce, lui firent se demander de quel statut social elle pouvait venir. Mais après une seconde de réflexion, il se dit que pour un peu, il pourrait décider lui même du statut qu'il souhaiterait lui donner, et il verrait cela plus tard.

Un bruit claqua dans les oreilles du Seigneur. Un peu derrière, dans un coin, quelque chose venait de céder. Un bruit anormal en forêt. Se retournant vers ses hommes, il leur ordonna d'aller voir prudemment ce que c'était. Impossible de savoir exactement a quoi ce bruit correspondait, mais une chose était sure, ce n'était pas un bruit habituel en forêt.

Puis, reportant son attention vers la jeune femme, il dit d'un ton doux et avec une certaine gentillesse, tout en serrant doucement sa main et en tirant délicatement la jeune fille vers lui.


"Alors, voila ce qui était caché derrière vous... J'imagine que vous devez avoir faim, alors... Cet endroit ne semble en rien des plus sûrs, et je ne pourrais me résoudre a vous laisser ainsi, dans une telle insécurité, et a devoir dormir dans ces bois sinistres, avec pour seul repas ceci... Venez a l'Est avec moi, vous aurez de quoi manger et dormir au chaud."

Puis, il se rapprocha encore d'elle et sans trop attendre de réponse, il l’amena doucement vers le reste de ses hommes et de son convoi, non en la tirant par le bras, mais plutôt en l’amenant après l'avoir attrapé comme pour la soutenir, comme si elle s'était foulé la cheville ou quelque chose comme ça. Flavien comptait visiblement la faire monter sur son cheval, faute d'avoir une carriole ici. Il demanda a un de ses quelques hommes ici présent de lui apporter de la nourriture, et a un autre, de lui apporter une couverture chaude pour recouvrir la jeune femme. Puis, il la ferait visiblement monter, et se placerait derrière elle, pour pouvoir la tenir tout en chevauchant, afin de s'assure certes, qu'elle ne tombe pas, mais surtout et avant tout, qu'elle ne s'échappe pas non plus.
De toute manière, il était évident qu'elle ne pouvait pas rester en forêt, elle n'avait pas l'allure d'une forestière, et qui sais sur quels bandits elle pourrait tomber.

"Si vous vous posez la question, nous nous dirigerons vers l'Est. Vers chez moi. Ce n'est pas loin, mais il me semble que nous avons un peu dépassé la frontière, aussi, nous devrions nous hâter."
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Capucine Berthelot
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MessagePosté le: Dim 30 Déc - 06:27 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

Elle ne le quitta pas des yeux une seconde alors qu'il lui répondait, cette expression de satisfaction légère passant dans son regard d'homme. Sans doute aurait elle dû ; quelle fille de basse condition se permettrait ainsi de dévisager un seigneur avec autant d'aplomb ? Mais il n'y avait aucune provocation dans ses yeux, une forme diffuse d'hypnotisme qui se voulait autant prudente que soulagée.

La main dans la sienne, il sourit et répondit d'une voix douce, comme souhaitant préserver le charme de cette rencontre incongrue.

"Alors, voila ce qui était caché derrière vous... J'imagine que vous devez avoir faim, alors... Cet endroit ne semble en rien des plus sûrs, et je ne pourrais me résoudre a vous laisser ainsi, dans une telle insécurité, et a devoir dormir dans ces bois sinistres, avec pour seul repas ceci... Venez a l'Est avec moi, vous aurez de quoi manger et dormir au chaud."

Avant qu'elle n'ait pu répondre quoi que ce soit, en arrière, à quelques pas dans son dos, un craquement brisa le silence, résonnant comme le bruit d'une cloche, ramenant les protagonistes à la réalité. Capucine tourna la tête d'un geste rapide, envoyant voler quelques mèches de ses cheveux, scrutant la pénombre du bois sans pourtant rien y déceler. Le bruit était isolé. Une branche tombée d'une arbre ? Un écureuil effrayé ? Y avait il réellement eu quelqu'un ?

Elle fronça légèrement les sourcils, se rappelant la miche de pain qu'elle tenait encore dans sa main restée libre, se demanda si... puis secoua la tête. Elle reporta son attention sur le seigneur tandis qu'il glissait un bras dans son dos, se lovant contre elle pour l'entrainer vers une monture sans cavalier. Bien sur, elle savait monter à cheval, ayant appris très jeune et y prenant un plaisir intense, mais elle ne pouvait le révéler. Rares étaient les serfs à posséder des chevaux, autre que de labour, et même s'il était cohérent qu'elle ait pu monter un cheval de traie étant enfant lors de certaines labeurs des champs, il était évident que soutenir un galop avec élégance ne l'était pas.

Elle haussa donc un sourcil vers l'homme, acquiesçant de la tête en guise de reconnaissance, ne prenant l'initiative de rien qui pût la trahir.

"Si vous vous posez la question, nous nous dirigerons vers l'Est. Vers chez moi. Ce n'est pas loin, mais il me semble que nous avons un peu dépassé la frontière, aussi, nous devrions nous hâter."

"L'est" ?

Elle réfléchit un instant, tâchant de se souvenir d'où elle était venue, se remémorant le soleil se couchant dans son dos comme pour effacer les traces de son passage d'un manteau d'obscurité. Elle opina de nouveau en silence, plus pour elle même. L'est l'éloignerait de ce qu'elle cherchait à fuir. Cet homme semblait raisonnable et accueillant, tout semblait indiqué qu'elle pourrait enfin souffler et prendre un repos serein.


Elle adressa un nouveau regard au seigneur comme pour lui signifier son approbation à le suivre.

Ces gestes et son expression étaient mesurés et contenus, mais en son for intérieur, elle lui aurait souhaité au cou en le remerciant d'avoir croisé sa route... il lui apparaissait à présent comme un présage, un sauveur.
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Flavien Isidor
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MessagePosté le: Dim 30 Déc - 16:59 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

Flavien constatait que la jeune femme ne parlait toujours pas. A peine avait il eu entendu sa voix depuis le début. Ce n'était pas très grave, mais il aurait aimé l'entendre plus. Elle semblait du genre silencieuse, en tout cas. Il l’amena donc doucement mais rapidement a sa monture, et lui expliqua qu'il se mettrait derrière elle sur cette monture. Perturbée comme elle avait l'air, il ne voulait pas qu'elle put tomber et ne sachant si elle savait monter ou non, il se montrerait prudent. L'idée de Flavien n'était pas entièrement là. Il voulait aussi qu'elle ne puisse pas, par exemple, au détour d'un chemin, lui échapper avec un cheval.

Aussi, lui et deux soldats aidèrent la jeune femme a monter, lui expliquant ce qu'elle devait savoir si elle ne le savait pas, et Flavien monta ensuite derrière elle, se collant a elle surement plus que ce qu'il était nécessaire. Et le cheval entreprit un pas rapide, avant de partir a une allure assez forte a travers la forêt. Il allait falloir un peu de temps pour y arriver. Le début du voyage se passa sans un mot, sauf les directives que Flavien donnait a ceux qui le suivait lorsque cela était nécessaire. Souhaitant arriver chez lui avant que la nuit ne s'avance de trop, Flavien faisait en sorte de se dépêcher autant que possible. Le temps passa ainsi, vide de toute paroles, avec les bras du Seigneur tenant doucement mais surement la jeune femme, pour lui éviter de tomber, tout en faisant en sorte de ne pas tomber lui même.

Ce fût lorsqu'il furent presque arrivés que Flavien brisa le silence. Il était sorti des bois depuis un moment, et arpentaient maintenant des petits bosquets et des plaines assez grandes, avec des vergers régulièrement plantés de ci de là.

"Voyez... Nous sommes presque arrivés... Il se fait tard, mais nous sommes sortis des bois... Nous sommes chez moi désormais. La région est très reconnu pour ses nombreux vergers. c'est utile, l'agriculture... Ça repousse les bois, les forêts, et donc, les brigands."

Puis, prenant un ton légèrement plus suave.

"J'espère que vous n'avez pas été trop gênée par cette position un peu... inconvenante, de ma part. Je ne souhaite vraiment pas vous voir tomber."

Flavien amena doucement son visage a côté, au dessus de l'épaule droite de la jeune femme et il lui parla au creux de l'oreille.

"En tout cas, mademoiselle, moi, je ne saurais me plaindre d'avoir voyagé aussi près d'une aussi charmante compagnie."

Puis, Flavien baissa la tête, et regarda discrètement, sans que la jeune femme ne le vois faire, la jolie vue offerte par sa position sur la poitrine de la jeune femme. Une pensée ou deux traversèrent son esprit, et un début d'érection se fit légèrement sentir avant qu'il n'arrête et ne s'écarte un peu de la jeune femme, tout en arrêtant la monture quelques secondes.

"Néanmoins, je suis gêné. Je ne sais pas du tout comment vous considérer. Dans le doute, je me doit de me montrer prudent. Par conséquent, vous êtes désormais officiellement une prise de guerre, une prisonnière. Mais n'ayez pas d’inquiétude, je vous traiterais bien et vous ne devriez avoir aucun problème le temps que je me décide quand a savoir quel statut vous donner. Reprenons notre route désormais."


Puis, le cheval reparti.

(HRP: Sauf si tu veux continuer plus longtemps qu'après ta réponse a mon post, on pourra considérer ce RP comme fini après ta réponse et faire une suite sur les Terres de Flavien, si tu veux...)
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Capucine Berthelot
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MessagePosté le: Lun 31 Déc - 05:57 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

On l'aida à se hisser sur la monture en la soulevant sans peine et elle s'agrippa aussitôt à la crinière du cheval, comme dans ses souvenirs où elle montait à cru sa jument. Le seigneur la rejoignit d'un bond souple et vint se plaquer dans son dos, l'enserrant de ses cuisses et passant ses bras autour d'elle pour se saisir des rênes. Elle frémit en sentant ce contact à travers le voile léger de sa robe de nuit et eut un regard en arrière vers le creux de l'arbre où elle avait dormi, comme dans un dernier salut de cette vie passée.

D'un coup de talon, le noble élança le cheval qui s'engouffra entre les arbres, dans l'obscurité. Capucine resserra ses cuisses autour de la bête puissante et se pencha légèrement en avant quand il fut lancé au galop.

La chevauchée dura un long moment mais Capucine se sentait mieux, soulagée. S'éloigner de ce qu'elle avait vécu semblait la libérer d'un poids qu'elle portait, comme si la distance pouvait atténuer, pouvait effacer. Elle ferma les yeux un moment, le visage fouetté par le vent, se laissant guider en pensant au mot... Liberté.

La liberté de choisir son destin, jamais elle ne l'avait eu. Jamais on ne lui avait proposé de le faire, jamais même elle n'y avait songé jusque là. Mais à présent qu'elle avait fui tout ce qu'elle avait, tout ce qu'elle était, elle pouvait être n'importe qui : une servante ? Une ménestrel ? une femme libre ?... Était ce seulement possible ? Devait elle lui avouer qu'elle était d'essence noble ?

Il était peu probable que ce seigneur connaisse ser de Quatrebarbes, leurs terres étaient éloignées et... ils ne semblaient pas fait du même bois.

Les pensées se bousculèrent dans son esprit pendant le voyage mais ne trouvèrent réponses.


Alors que la lune était haute, ils débouchèrent dans une large prairie bordée d'arbres fruitiers. La lumière pâle de l'astre inondait les champs donnant une allure étrange à ce paysage. Le cheval calma sa course, comme s'il sentait qu'il était arrivé chez lui.

Le seigneur se rapprocha d'elle et lui présenta le lieu comme lui appartenant, puis il lui glissa à l'oreille :

"J'espère que vous n'avez pas été trop gênée par cette position un peu... inconvenante, de ma part. Je ne souhaite vraiment pas vous voir tomber."

Elle pencha légèrement la tête pour essayer de le voir à demi, se retrouvant presque nez à nez avec lui et se sentit sottement rougir. Voilà bien longtemps qu'aucun ne l'avait traitée avec une telle courtoisie et c'en était presque gênant.

"En tout cas, mademoiselle, moi, je ne saurais me plaindre d'avoir voyagé aussi près d'une aussi charmante compagnie."

Alors qu'il se serrait plus encore contre elle, elle se décida à lui exprimer sa gratitude :

"Je vous remercie, sire... de votre aide... J'étais en bien mauvaise posture et je ne sais comment je m'en serais sortie sans ...

Elle sembla se redresser, comme parcourue d'un frisson. En vérité, elle venait de sentir contre ses hanches l'entrejambe du seigneur se raidissant  soudainement. Enivrée par l’intimité de leur position, elle perdit ses mots, rougissant de nouveau derrière ses longues mèches rousses dont le noble pouvait d'ailleurs, à cette distance, sentir les effluves de jasmin.

"Hmm... sans... vous et vos hommes."

Le cheval s'arrêta et Flavien ajouta en se reculant légèrement d'elle, rompant le contact de leurs corps :

"Néanmoins, je suis gêné. Je ne sais pas du tout comment vous considérer..."


Elle ne put retenir un sourire à cette phrase, il était vrai que le mystère sur son identité lui donnait une longueur d'avance et c'était cet avantage qui lui offrait le choix. Mais elle n'eut pas le temps de jubiler plus longtemps que la suite de son discours la fit se retourner brusquement pour observer le seigneur avec étonnement.

"Dans le doute, je me doit de me montrer prudent. Par conséquent, vous êtes désormais officiellement une prise de guerre, une prisonnière. Mais n'ayez pas d’inquiétude, je vous traiterais bien et vous ne devriez avoir aucun problème le temps que je me décide quand a savoir quel statut vous donner. Reprenons notre route désormais."

"Une prise de guerre ?" articula t-elle en le regardant bien en face. "Voulez vous dire que je ne suis plus libre de repartir si je le souhaite ?"

Elle se tenait d'une main au pommeau de la selle et de l'autre, repoussa les mèches de son visage, le dégageant enfin presque entièrement pour regarder le seigneur dans les yeux.

Incrédule tout d'abord, la suite de sa phrase la rassura légèrement. Elle aussi avait besoin de temps pour savoir ce qu'elle souhaitait devenir... Mais en vérité, aurait elle réellement le choix ?


[HRP : pas de problème, fais ton prochain post dans tes terres, je suis :) ]
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Flavien Isidor
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MessagePosté le: Lun 31 Déc - 09:49 (2012)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ? Répondre en citant

[Fini: La suite ici : http://royaumes-des-supplices.xooit.fr/p8528.htm ]
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:55 (2018)    Sujet du message: Fuir... mais pour aller où ?

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