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Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord

 
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Hymir de Salägnur
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MessagePosté le: Jeu 25 Déc - 16:10 (2014)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord Répondre en citant

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Le ciel constellé d’étoiles, un vent frais pour une saison peu rude, la nuit est plus que clémente et offrent aux promeneurs peu fatigué ou appréciant la compagnie du manteau sombre qu’offre la nuit, un beau spectacle. Même la Lune présente toute ses plus belles formes , sa plus belles parure, comme si elle aussi voulait montrer sa grâce naturelle lors des festivités du mariage seigneuriale. Du vrai mariage seigneuriale comme se plaisent à le dire, les gens du fief, même les chefs clans ne se privent pas pour en parler franchement. Les rites anciens et les divinités originelles sont sur ces terres fortement ancrés dans les esprits, les habitudes et les croyances. La religion du royaume pâlit devant ces croyances et demeure fortement impopulaire. Hymir ne fait pas exception, pour lui cette croyance est imposé à ses gens et il n’a aucune raison de les châtier pour quelque chose à laquelle lui même ne croit pas.  Par intérêt de paix ou de simplicité, la Reine n’imposait rien sur les cultes à l’intérieur même du fief. La paix entre les lointaines terres du Nord avait été obtenu après de rudes batailles, de nombreux malheurs et de parts et d’autres. Et nul seigneur, ni même souverain ne voulait d’une nouvelle guerre au sein même du royaume. Si certains seigneurs raillaient ou conspuaient la situation, nul ne veut à avoir de rendre de comptes devant sa souveraine, pour ce qui équivaudrait à de la trahison ou devant Hymir, prenant le risque de subir la colère du bouillant jeune seigneur nordique.
 

Les festivités exhalent toute leurs puissances de flammes, de feu, de rires, de bagarres, d’ivresses et de nourritures. L’alcool coule comme les torrents de montagne, les plats passent de mains en mains, de tables, de serveuses en servants. Les clans rirent et se chamaillent dans une ambiance de fête comme peu souvent il en est. Le mariage d’un seigneur est une occasion si importante que nul ne veut la gâcher et en profite donc autant qu’il peut ou que son estomac peut le supporter. Les ombres dansent autour du grand brasier, mais les haches et les flèches ont cessé d’être lancées. Les épées ne font plus entendre leurs choses. La nuit fait taire les vacarmes des concours d’adresses et de force. Les plus âgés, fatigués ou ivres ont quittés le banquet pour leurs couches offertes au château ou dans leurs terres si celles ne sont guère loin. Les époux se sont absentés, s’isolant de cette agitation. Les convives n’en prennent pas ombrage et préfère en rire de manière plus ou moins grivoises.

 

De sa chambre, Hymir observe ses festivités si proches, mais si lointaines aussi. Sa main, immense, a repoussé le rideau, offrant à son regard, la plaine, la lumière faible et intense du feu du banquet, les montagnes lointaines et la nuit bien plus lointaine encore. La lumière blafarde de la Lune, éclaire le haut de son corps nu, que le vent fait à peine frémir. Son autre main tient sa tunique. Le corps musclé et noueux du maître des lieux se dresse devant l’ouverture servant de fenêtre. La crinière blonde se soulève à peine au-dessus de ses épaules. Bien sûr, il aimerait mieux se trouver au milieu de ses gens et de la fête. Mais les devoirs de seigneur passent ses envies aussi fortes soient-elles et puis cela est-il vraiment aussi déplaisant pour lui d’être à son château en galante compagnie ? Non il ne pense pas. L’idée n’a même pas frôlé son esprit. Il existe de plus belles et plus savoureuse manière de le contenter. Et celle-ci qui venait d’être fait était peut-être la meilleure. Le feu crépite dans la cheminée, sa lumière danse sur les murs nus et sur les draperies et fourrures.

 

Il veut faire une promenade, un moyen de se détendre et de bavarder loin des oreilles indiscrètes. Nul n’était dans le château proprement dit. Les convives étaient mis dans une aile indépendante. Mais pour aller faire une ballade nocturne, il n’était plus seul à décider au sein de son fief désormais, du moins au regard de ses gens. Au milieu des draps désormais froissés, une forme féminine ondule, sans doute frissonnante par la présence du vent. La fenêtre se ferme, mais le regard d’Hymir est toujours happé par l’extérieur. Il s’adresse à la personne présente, dont le sang seigneurial égal au sien.
 
"-Mon épouse désirerait-elle m’accompagner pour nous délasser dans une promenade nocturne ?"


Dernière édition par Hymir de Salägnur le Lun 29 Déc - 17:47 (2014); édité 1 fois
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Irogenia Tyrell
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MessagePosté le: Jeu 25 Déc - 17:31 (2014)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord Répondre en citant

Irogenia dormait paisiblement. Épuisée par sa nuit de noce, elle n’avait même pas senti son beau guerrier quitter leur couche.
Son sommeil était doux suite à ses premiers moments d’intimité avec Hymir. Se retournant dans sa torpeur, elle fit glisser la couverture, révélant par la même son dos. Quelques instants encore et elle fut parcourue d’un frisson, elle se tourna à nouveau, s’éveillant doucement stimulée par le froid naissant causé par la fenêtre ouverte.
La faible clarté qui parvenait de l’extérieur lui suffit à distinguer Hymir, désormais son époux. Il lui tournait le dos, lui offrant la vision de son dos puissant et de sa crinière blonde pendant librement sur ses épaules. Il contemplant les alentours sans doute, peut-être même observait-il les derniers convives qui célébraient encore leur union à cette heure avancée de la nuit.

Tirant les couvertures à elle, la jeune femme s’en couvrit à nouveau alors que son époux refermait la fenêtre sans pour autant prêter la moindre attention à la jeune femme. Néanmoins il prit la parole, s’adressant bel et bien à elle et non au fief qui s’étalait sous ses yeux. Hymir lui demanda si elle désirait l’accompagner pour une balade nocturne afin qu’ils puissent tous deux se détendre un peu. La jeune femme se sentait parfaitement détendue, même si quelque peu ensommeillée encore, mais l’idée la séduit immédiatement.
« C’est une excellente idée, je vous accompagne avec plaisir mon époux. » Mon époux, bien que ce mariage soit purement politique, elle aimait la sonorité de ce mot et le sens qu’il prenait à présent pour elle. Elle aimait reconnaître Hymir comme tel. Elle était sienne, il était sien et la jeune femme appréciait cela.

Se levant, elle resta drapée dans la couverture, non pas dans un souci de pudeur, Hymir avait eu tout le loisir de la contempler durant leurs ébats précédents, mais bien parce qu’elle avait froid. Elle finirait pas s’habiter, elle n’en doutait pas, mais pour l’heure le climat n’était pas son allié.
S’approchant de la fenêtre à son tour, elle vint se coller contre son seigneur l’entourant de ses bras tout en maintenant la couverture sur ses propres épaules. La joue posée contre le dos d’Hymir, la jeune femme ne voyait pas par la fenêtre mais c’était sans importance. Elle profitait de la chaleur et de la présence de son époux.
« J’espère que la fraicheur de la nuit n’éteindra jamais le désir brulant qui fut vôtre cette nuit. » dit-elle avant d’embrasser le dos de son amant.

Elle serait bien restée ainsi longuement, juste contre lui à profiter de sa chaleur, bercée par les derniers échos de la fête mais la nuit ne les attendrait pas toujours. La fraicheur nocturne l’avait un peu éveillée mais si elle restait ainsi, nul doute qu’elle retomberait bien vite dans une certaine torpeur, aussi, bien qu’à contrecœur, finit-elle par libérer Hymir de sa douce étreinte.
Se faisant violence, la jeune femme, en s’éloignant de la fenêtre fit glisser la couverture à ses pieds, la révélant dans toute sa nudité, ses mokos encore en bon état malgré ce qu’ils avaient affronté cette nuit. Elle voulait se montrer forte, ne pas craindre la fraicheur des nuits et pourtant un frisson la traversa avant même qu’elle n’ait atteint la malle contenant ses vêtements. Irogenia voulait que son époux soit fier d’elle, qu’il ne regrette jamais de l’avoir prise pour épouse.

S’accroupissant face à la malle contenant ses effets, la jeune femme l’ouvrit pour en tirer une robe faite d’un épais lainage qu’elle porterait par-dessus une sous-robe de coton. La première était bleue foncée avec des broderies dorées à l’encolure et au bout des manches, de même qu’en bas du vêtement, quant à la seconde, elle était couleur crème, aussi simple que possible. Avec cela elle porterait bottes fourrées et manteau, n’ayant que faire des bijoux pour cette balade nocturne. Ils ne seraient qu’eux deux, l’un à l’autre sans personne à impressionner.
Se redressant, la jeune femme entreprit de passer ses différents atours, afin d’être prête pour cette promenade qui les attendait. Vêtue de sa robe mais les pieds encore nus, elle se tourna vers Hymir, admirant son corps puissant et résistant à l’envie de se lover à nouveau dans ses bras. Elle aurait aimé un baiser, mais elle aurait tout loisir de le lui voler durant leur promenade.

Bien sûr le protocole aurait voulu qu’ils ne sortent pas seuls tous les deux, qu’ils soient accompagnés de Tankred et de gardes. Pourtant la jeune femme oublia le protocole pour cette nuit, elle voulait profiter du moment présent et ne doutait pas qu’elle serait en sécurité avec Hymir. Elle n’avait rien à craindre en sa présence.
***********************
Irogenia de Salägnur, seigneur des terres du même nom et veuve du regretté Hymir de Salägnur

"Vous reprendrez bien un peu de rose avec votre licorne arc-en-ciel Irogenia chou ?" [Olivier Komnenos]
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Hymir de Salägnur
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MessagePosté le: Ven 26 Déc - 17:02 (2014)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord Répondre en citant

Les ébats des deux seigneurs désormais époux avaient été intenses, autant que le seigneur puisse doser sa fougue et son désir toujours aussi ardent. Les rumeurs à ce sujet sont légions au sein de ses gens, même parmi les plus clans les plus anciens. Rumeurs allant d’une sous-estimation jusqu’à un amant quasi-divin. Ces rumeurs démontrent surtout le respect que le peuple voue à son seigneur. Mais bonnes ou mauvaises, avec des bonnes ou des mauvaises intentions, Hymir n’a cure de ces rumeurs, encore plus si elles le concernent. C’est un guerrier avant d’être un noble, un combattant avant d’être un seigneur et cela le guide depuis toujours et le guidera encore, comme cela a guidé ses ancêtres. Donc peut lui importe le vent qui souffle à ses oreilles, tant qu’il peut marcher et se battre.

La réponse affirmative de son épouse le satisfait pleinement. C’était l’occasion pour eux de se retrouver un peu seuls, loin de considération politiques et économiques, loin des regards, loin de jugements ou de moqueries, loin même de leurs propres statuts de nobles, juste deux époux comme tant d’autres. C’était l’occasion pour Hymir de connaître la femme avec qui il avait lié sa vie et le sort de son fief. Celle qu’il avait imposé à son peuple. Un choix louable qui mettait son peuple à l’abri des complots directs envers son fief. Qui oserait critiqué un fief dont la seigneur vient d’un royaume voisin, sans être soupçonné de trahison ? Le peuple s’amuse aujourd’hui, mais qu’en sera t-il demain ou dans les années qui vont suivre ?

Le puissant seigneur n’avait pas bougé, il n’avait même pas sillé alors que les draps se froissent et que son épouse s’avance. Tout juste se raidit-il quelque peu lorsque les bras fins vinrent l’enserrer. Il n’est guère habitué aux marques de tendresse et de douceur, même lors des ébats, il n’est guère tendre. Sauf cette nuit où il a essayé d’éviter d’écraser son épouse de sa fougue et de son corps. Cet élan de douceur était-il poussé par le besoin de chaleur ou juste par le besoin de sentir sa présence en dehors de toute action grivoise ? Peu importe au seigneur, qui est bien trop surpris par cette étrange attention pour chercher à savoir son intérêt, quand bien même voudrait-il le connaître. Un frisson lui parcouru l’échine quand ses lèvres se posèrent sur son dos. Les manières de son épouse dans l’intimité étaient bien différentes de celles qu’il avait connu ou dont il avait entendu les échos.


"-Il n’existe rien qui ne puisse éteindre ce désir, mon épouse."

Alors qu’elle le libère et s’éloigne, il ne se retourne que lorsque le bruit du drap chu sur le sol. La seigneure de Salägnur n’a pas la silhouette des femmes de ses terres. Sa finesse, son teint hâlé offrent un contraste saisissant avec la carrure de géant et le teint blanc de son époux. Malgré cette différence, elle possède un charme exotique bien à elle. Si les gens de son peuple peuvent lui reprocher d’être étrangère, ils ne peuvent lui reprocher de manque de beauté, d’allure et de charme. Ses yeux ne la quittent pas, scrutant chacun de ses mouvements, chacune de ses courbes. Elle voulait paraître forte, mais le frisson qui la saisit n’échappe pas à son époux qui lève un sourcil en voyant cela. Pendant qu’elle s’habille, il revêt sa tunique et pose une longue cape de fourrure sombre sur ses épaules, la fixant de son fermoir en argent. Ses bottes de cuir enfilées, le seigneur ouvre la porte à sa dame, la fraîcheur du couloir envahit la pièce. Bien que moins mordant que dehors, il reste présent, au moins pour celles et ceux qui n’y sont pas habitués. Hymir scrute la cour devant le trône en contrebas du parapet. Vide de ses occupants, l’endroit est complètement silencieux, néanmoins éclairée par ses brasiers qui diffuse leurs puissantes lumière et chaleur. Ses mains enserrent la pierre froide. Son visage se tourne vers son épouse, restée dans la pièce.

"-Ma dame désire t-elle que son époux la chausse ou qu’il la porte pour cette promenade nocturne ? "

Ce trait d’esprit trahit l’impatience du seigneur à dégourdir un peu ses jambes. Hymir ne sait guère ce qu’il dira durant cette balade. Ce n’est pas dans son caractère d’anticiper les choses, de faire de complexe calculs, de complots ou de stratégie. Il était plus cultivé que ses gens, mais il était comme eux, rude, dur, fougueux instinctif. L’image d’un animal vivant dans un endroit aussi peu hospitalier.

"-Je sais bien que vous désirez vous montrez forte, mais déambulez dans les couloirs les pieds nus ne risque que de vous rendre malade inutilement. Une dame de seigneur fait montre de sa valeur sur son siège et devant ses gens, non devant son époux."

Une fois, la dame apprêtée, le couple s’éloigne de leur chambre pour parcourir les couloirs du château. Hymir parle des pièces que jadis il parcouru étant enfant. Il parle de ses ancêtre avec une immense fierté, narrant leurs exploits, leurs morts tragiques ou glorieuses. Mais le plus beau reste encore à venir. Alors qu’ils sont arrivés au dernier étage de l’immense forteresse, le seigneur avise une large double porte de bois aux motifs. Les deux battants s’ouvrent lentement malgré la force que déploie le maître des lieux. Et là, une immense terrasse se dévoile. Au loin, les montagnes s’écartent pour dévoiler l’océan où une Lune pleine et les étoiles se reflètent sur une eau limpide. Le lieu est magnifique, presque irréel. Les mains noueuses du guerrier se posent sur la pierre froide de parapet.

"-Venez sous ma cape, ma mie. Le vent n’est plus, mais l’air reste frais."
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Irogenia Tyrell
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MessagePosté le: Sam 27 Déc - 10:07 (2014)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord Répondre en citant

Alors qu’elle le contemplait, Hymir eut tôt fait de finir de s’habiller. Lui aussi avait fait dans la simplicité pour leur promenade nocturne. Une tunique simple, une épaisse cape de fourrure fermée par une broche en argent et ses bottes de cuir. Pas d’arme, ils n’en auront pas besoin. Alors qu’il ouvre la porte, un nouveau courant d’air vint la saisir et elle comprit que son époux était pressé.
Se tournant vers Irogenia, il lui demande si elle désire qu’il la chausse ou qu’il la porte durant leur promenade à venir.
Il poursuivit en disant qu’il savait qu’elle voulait se montrer forte mais que se promener pieds nus dans les couloirs ne ferait que la rendre malade, ce dont la jeune femme ne doutait pas une seconde d’ailleurs. Selon lui elle se devait de se montrer forte devant leurs gens et sur son trône, non pas devant son époux.

La jeune femme sourit devant ce quiproquo, elle n’avait aucune envie de quitter leur chambre les pieds nus.
« Ce n’est rien de tout cela mon seigneur, je prenais le temps, voila tout. » lui répondit-elle avant de passer ses bottes fourrées et la cape qui lui avait été offerte la veille.
Elle avait fini de s’apprêter en hâte, ne voulant pas que son époux s’impatiente et bien vite elle le rejoignit à l’orée de leur chambre.
Alors qu’ils quittent la chambre, elle reprend : « Hymir, vous êtes un homme fort, je suis désormais votre épouse et je veux que vous soyez fier d’être vu à mes côtés, que vous soyez fier de vous donner à moi. Je ne veux pas que vous me perceviez comme une petite chose fragile. »

Amorçant leur promenade, le silence se fit quelques instants, peut-être Hymir réfléchissait-il à la meilleure façon de répondre à son épouse. Celle-ci en profita pour admirer la salle du trône qui était visible en contrebas, elle aimait bien cette architecture ouverte.
Le maître des lieux finit par rompre le silence, parlant des pièces devant lesquelles ils passent sans s’arrêter. Ils prennent leur temps mais nul doute qu’il y a un endroit précis qu’il veut lui montrer. Tous deux ne marchent pas dans le vide, ils ont une destination. Avec attention elle l’écoute lorsqu’il lui parle de son enfance et de ses ancêtres, qui sont un peu les siens également à présent. Elle ne veut pas l’interrompre alors elle se contente de sourire tandis qu’ils marchent côte-à-côte, elle apprécie la simplicité de l’instant. Ils sont simplement deux êtres comme tant d’autres, un couple à présent mais sans toutes les fioritures et l’attitude qu’impose leur rang. Un jour elle lui parlera également de ses ancêtres mais pas ce soir.

Plusieurs fois ils empruntèrent des escaliers, non pas pour descendre et quitter la forteresse mais bien pour prendre de la hauteur. Elle pensait que leur promenade se déroulerait dans les environs mais non, rien de tout cela. L’un ou l’autre lui convenait, elle s’aérait en bonne compagnie et découvrait son nouvel environnement, qu’il soit intra ou extra muros.
Tous deux finirent par arriver au dernier étage de la gigantesque forteresse de Salägnur et Hymir s’immobilisa face à une double porte massive faite de bois bardé de fer formant des motifs ouvragés.
Les peuples du Nord n’étaient définitivement pas des barbares, bien au contraire leurs vêtements, habitations et armes étaient le plus souvent savamment décorés, même leurs portes.
S’arcboutant contre les deux battants de bois, Hymir entreprit de les ouvrir pour libérer le passage. Dans un premier temps ils ne bougèrent pas d’un pouce, témoignant de leur poids puis finalement ils s’ébranlèrent pour, doucement mais sûrement, s’ouvrir. Voila un lieu où Irogenia aurait du mal à se rendre seule.

Lorsque Hymir se détacha de l’encablure des portes, il révéla à la jeune femme une grande terrasse, l’endroit lui plaisant immédiatement. Elle sourit largement à son époux en découvrant ce lieu. Ils s’avancèrent ensemble, Irogenia découvrant plus en détail les alentours, la pleine lune fournissant une clarté suffisante pour cela. Les montagnes, la mer ou plutôt l’océan. Grâce à l’astre, la jeune femme distinguait même les forêts alentours ainsi que le village en contrebas, où avaient lieu les derniers moments des festivités, les feux allumés pour faire ripaille se consumant encore tranquillement.
Appuyé au parapet, Hymir prit la parole, invitant son épouse à venir se mettre au chaud sous sa cape. Il fit remarquer qu’il n’y avait plus de vent mais que l’air restait frais. Nul doute que lorsque le vent se levait, cet endroit devait être glacial…

Ne se faisant pas prier, Irogenia vint se placer sous l’aile protectrice de son seigneur et maître, se glissant entre lui et le parapet, lui tournant le dos tout en admirant la vue alentour. Peut-être n’était-ce pas exactement ce qu’il avait en tête initialement mais c’était ainsi qu’elle voyait la chose. Collée contre lui, encadrée par les bras puissants de Hymir elle profitait une fois encore de sa chaleur, bien que vêtue comme elle l’était elle n’avait pas froid.
Aurait-elle droit à quelques baisers dans la nuque ? Encore que le port de sa cape n’était pas le plus adapté pour cela mais cela arrêterait-il Hymir s’il souhaitait lui baiser le cou ? Toujours est-il qu’elle finit par se retourner pour faire à présent face à son époux. Se redressant, puis se mettant sur la pointe des pieds, la jeune femme entreprit d’embrasser Hymir. L’endroit lui plaisait, la situation également, coinçait qu’elle était entre son époux et le vide, le parapet se dressant comme seule barrière pour l’en protéger et vu sa hauteur elle devait être prudente.

Durant toute leur promenade Hymir n’avait pas réagi sur les paroles d’Irogenia, peut-être n’avait-il rien à dire sur le sujet, acquiesçant simplement en silence aux propos de son épouse, à moins qu’il n’ait voulu lui montrer cet endroit, surplombant ses terres avant de lui répondre, voulant lui faire comprendre ainsi quelle était sa puissance. Peut-être allait-il lui répondre à présent. Il en faudrait néanmoins plus pour impressionner la jeune femme, les terres de la famille Tyrell étant elles aussi vastes, très vastes et riches. Quoi qu’il en soit en cet instant précis elle ne pensait plus à ses propos passés, se concentrant sur le moment présent, voulant échanger un long baiser avec son époux, partagée entre sa chaleur et le froid de l’air.
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Irogenia de Salägnur, seigneur des terres du même nom et veuve du regretté Hymir de Salägnur

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Hymir de Salägnur
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MessagePosté le: Lun 29 Déc - 17:46 (2014)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord Répondre en citant

Si les pierres pouvaient parler, elles raconteraient, bien plus de hauts fait, de batailles, de bêtises d’enfants ou d’aventures grivoises qu’Hymir ne se souvient ou qu’il veuille bien en discuter. Elles avaient reçues la sueur, le sang, les larmes et bien plus encore. Les murs résonnent encore du fracas des lamas, du bruits des bottes, des soupirs d’amants peu discrets ou des rires bruyants des festins de retours de chasse ou de batailles, mais aussi des cris de colères ou de désespoirs des prisonniers dans leurs profondes cellules ou des sanglots de malheurs venant de l’extérieur. Oui le château aurait tant à raconter, qu’il faut plus d’une vie pour l’écouter. Mais le silence se fait au sein des murs de pierres. Le silence uniquement perturbé par les pas d’un couple enfin libre de se rencontrer et de se connaître enfin.

Le seigneur n’avait pas répondu à sa dame. Non qu’il ne l’avait point entendu, mais il réservait sa réponse pour un moment plus tardif. Elle voulait être à la hauteur de son seigneur. Elle voulait lui plaire. C’est une attitude résolument noble, bien plus que son époux ne l’est, ni ne le sera. Pour quelqu’un qui n’est pas ce contrées, elle donne un forte résolution. Au moins autant que les jeunes femmes, mais certains ne le reconnaîtrait pas, même s’ils le voyaient. La fierté des hommes du fief passe avant tout logique. La contrée la plus froide du royaume est connu pour ses guerriers, non pour ses érudits. Seuls les nobles, les marchands et quelques rares chef de clans sont instruits.

La terrasse surplombe une vue unique sur une mer d’ordinaire prise par les glaces. En ce printemps, le vent du Nord ne se fait pas sentir et seuls des vents plus chauds se font sentir. Du moins aussi chaud qu’il puisse permis d’être en ces lieux. Le printemps a le mérite de rendre l’endroit plus agréable qu’il puisse être. Hymir explique à son épouse, pendant que celle-ci le rejoint que si cette porte est aussi massive et lourde, c’est pour que seuls les seigneurs du château puissent les ouvrir. Nul autre ne peut pénétrer sur la terrasse en dehors de la famille seigneuriale. Une vieille tradition qui accorde à ce lieu d’être un privilège unique. Nul roi, nul reine, nul ennemi, nul allié, nul paysan, nul chef de clan ne pouvait voir cette vue. Cette vue offre le plus belle et plus large vision du fief de Salägnur. Ce n’est pas peut-être pas un joyau. Mais le mystère derrière ses portes est entier pour tout autre personne qu’Hymir, du moins avant cet instant.

Cependant la situation pris un tour étrange, du moins du point de vue du seigneur du Nord. Si son épouse avait répondu favorablement à sa requête de venir se réfugier sous sa cape, il s’attendait à ce qu’elle se place à ses côtés et non devant de lui. Il n’a pas habitué à ce genre de proximité en dehors de ses ébats. Était-ce une tradition de son épouse venu de contrés lointaines ou ses parents agissaient-ils ainsi lorsqu’ils étaient à cette même terrasse. Que ce soit l’un ou l’autre choix, il n’aurait jamais la réponse et il ne posait d’ailleurs pas la question, il est bien trop surpris pour se poser des questions. Surpris, il le fut encore bien plus lorsqu’elle se tourne vers lui et l’embrasse. Les yeux bleu du grand guerrier s’ouvrent de toute leur taille, sous l’effet d’une immense surprise. Nulle femme ne s’était permis de l’embrasser. Nulle n’aurait osé porter ses lèvre sur son seigneur. Mais voilà, elle est son épouse et elle peut se le permettre, elle seule. C’est une nouvelle sensation, une sensation de douceur. Un geste banal, mais un empire de découvert pour le fier et fort guerrier qu’est Hymir. Après un long moment, comme si le temps était suspendu, le seigneur repousse lentement son épouse.


"Ma mie, j’ai un aveu à vous faire. Personne avant vous n’a fait un tel geste envers moi."

Ses deux mains se posent sur les épaules de la jeune femme aussi délicatement qu’il le peut.

"Vous m’avez dit vouloir vous montrez forte à mes côtés. Le temps décidera de tout cela. Ne cherchez pas à porter un fardeau plus lourd que celui qu’exige déjà notre rang. Le peuple est seul juge de nos actions. Et si elles lui déplaisent il saura nous le faire savoir bien avant moi."

Soudain, une chose attire son regard. Un lumière dans la nuit. Ses mains puissantes font en sorte d’adosser son épouse à sa poitrine. Ses bras l’enlacent et sa tête se pose à côté de la sienne. Sa voix caverneuse se fait basse, presque discrète.

"Regardez le ciel ma noble épouse et dites-moi si tel trésor existe dans votre contrée d’origine, si le ciel vous accorde telle faveur."

Dans le ciel, loin au-dessus d’eux, tout près des étoiles se mettent à serpenter de longs voiles de lumière. Une lumière d’un vert éclatant, une lumière étrange qui semble danser, suivant une étrange trajectoire courbée, brisant les ténèbres enserrant les étoiles pour un temps. "Croyiez-vous vraiment, ma mie, que je vous aurait fait venir sur une simple terrasse dominant le fief pour l’admirer ? Non je vous offre le privilège unique de pouvoir contempler le plus beau joyaux de mes terres et ce beau joyau ne se voit que mieux lorsqu’il est admiré au plus près du ciel." Il est fier. La fierté s’entend dans sa voix et se lit dans son regard. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment un seigneur ne serait-il pas fier de ses terres ?

Alors l’épouse observe les danses de lumière dans le ciel, son époux écarte le col de la cape et pose ses lèvres sur la peau nue. Il déposé ainsi un baiser qu’il prolonge jusqu’à ce qu’il estime l’avoir fait assez duré. Il dessers son étreinte, libérant la jeune femme et lui rend ainsi tout mouvement possible. L’immense regarde l’horizon, la mer droit devant lui. Mais son esprit voit plus loin, sonde l’inconnu à la recherche du vision du chemin que va prendre désormais son peuple, pensant ainsi plus comme le seigneur qui guide son peuple, que comme le guerrier qui guide ses pairs. Une attitude étrangement noble pour un seigneur bien loin de l’image de noblesse que d’autres se font dans d’autres contrés. Bien plus que ces contrées hostiles, dures et froides qui forgent les guerriers avant de forger les hommes.
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Irogenia Tyrell
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MessagePosté le: Jeu 1 Jan - 12:48 (2015)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord Répondre en citant

Un peu plus tôt, Hymir lui avait expliqué que le lieu, la terrasse, où il l’avait conduite était un endroit où seuls les seigneurs de ce château étaient admis. Il lui avait expliqué que c’était ce qui justifiait une telle porte et Irogenia comprenait l’honneur qui lui était fait. En tant qu’épouse de Hymir elle y avait le droit, mais elle n’était pas moins sensible au présent qu’il lui accordait dès à présent en la faisant jouir de ce droit. Il lui offrait une vue imprenable sur son fief, leur fief à présent qu’ils avaient unis leur destin. Ce n’était pas la seule chose qu’il comptait lui offrir ici comme la jeune femme allait avoir l’occasion de s’en rendre compte.

Plus tôt dans la nuit Hymir n’avait pas été des plus romantiques. Il s’était montré un amant doué mais n’avait laissé que peu de place pour la douceur et le romantisme, besognant Irogenia plus qu’il ne lui fit l’amour. Aussi la jeune femme avait-elle quêté un peu de tendresse lorsqu’elle s’était éveillée, le trouvant nu face à la fenêtre. A présent sur la terrasse elle avait recommencé, lui volant un baiser. Elle ne savait comment il réagirait et si son époux fut quelque peu surpris, il se laissa néanmoins faire. Leur étreinte dura un long moment, les étoiles comme seules témoins de celles-ci, jusqu’à ce que Hymir mette un terme à leur doux baiser, repoussant en douceur son épouse.
Il lui confia qu’elle était la première personne à l’embrasser de la sorte. Il ne semblait pas avoir détesté l’expérience, une bonne chose car Irogenia comptait bien recommencer. Elle s’apprêta à lui dire quelque chose, mais Hymir la prit de court en posant ses mains sur ses épaules, avant de poursuivre.

Il répondit aux paroles que la jeune femme avait exprimée plus tôt dans les couloirs de la forteresse. Il les lui rappela, oui elle voulait se montrer forte à ses côté. Hymir lui dit de ne pas chercher à encore alourdir le fardeau qui pesait déjà sur ses épaules, sa charge d’épouse du maître du fief en étant déjà une à part entière. Le peuple les jugerait et s’il n’était pas satisfait, il ferait entendre sa voix. Bien sûr, comme ce seigneur que Hymir avait remis à sa place durant le banquet de bienvenue. Voila exactement pourquoi la jeune femme se devait d’être forte. Elle gagnerait le respect de tous ou en tous cas elle ferait son possible pour cela mais il y a toujours des irréductibles.
Le regard de Hymir se tourna subitement vers le ciel, quelque chose semblant avoir capté son attention. En douceur il fit pivoter son épouse, la plaquant à son torse, tout en l’enlaçant de ses bras puissants, son menton posé sur l’épaule de la jeune femme alors qu’il lui demande si pareil trésor existe dans ses contrés, l’enjoignant à observer le phénomène qui débute dans le ciel.

C’était cela le second présent de son époux. Se pouvait-il qu’il savait que cela aurait lieu cette nuit ? En avait-il capté les prémisses à la fenêtre de leur chambre ? Ou bien était-ce un simple coup de chance ? C’était finalement sans importance, seul le spectacle comptait.

Hymir avait raison, le ciel leur faisait une belle faveur en leur offrant un tel spectacle, un spectacle tel que la jeune femme n’en a jamais contemplé. Ce qu’elle voyait à présent la laissait sans voix, jamais elle n’aurait imaginé telle chose possible. C’est comme si un ruban se déroulait dans les cieux, scintillant d’un vert éclatant. Le ruban danse au gré de ses envies, mu par une force invisible. Un spectacle qu’ils admirent depuis les premières loges, les seules mieux placées qu’eux pour les contempler étant les étoiles.
Prenant une nouvelle fois la parole, Hymir lui demande si elle pensait qu’il l’avait faite monter là uniquement pour la vue du fief. Il lui offrait bien au contraire l’occasion de voir le plus beau des joyaux de ses terres disait-il, ajoutant que c’était au plus près du ciel, là où ils étaient, qu’on l’admirait le mieux.
La fierté s’entendait dans la voix de Hymir et il était aisé de le comprendre, qui ne l’aurait pas été d’avoir pareil joyaux suspendu au-dessus de ses terres ?

Tandis que la jeune femme observe en silence ce spectacle, elle sent que son époux tire délicatement sur le col de sa cape de fourrure. Elle sent alors ses lèvres chaudes se poser sur la peau de sa nuque en un doux baiser. Plaquée contre lui elle ne peut s’y soustraire mais n’en a de toute façon aucune envie. Bien au contraire, elle pourrait rester ainsi des heures, ronronnant de plaisir à la sensation de ce baiser.
« Hum, quelle douceur mon seigneur… » déteindrait-elle déjà sur son époux ?
Elle a devant elle un spectacle magnifique et dans son dos son époux qui se montre tendre avec elle à présent. Le baiser se prolonge et la jeune femme en apprécie chaque instant.

Puis, ni trop tôt, ni trop tard, Hymir met fin à son étreinte, rendant sa liberté à son épouse. Elle avait aimé ce moment et ne regrettait pas d’avoir quitté le lit conjugal pour cette promenade nocturne. Ce fut instructif dans un premier temps puis ravissant une fois sur la terrasse. Leur première nuit ensemble avait de quoi rester gravée dans la mémoire de la jeune femme pour une raison supplémentaire à présent.
« C’est tout bonnement magnifique Hymir. Merci à vous pour ce présent. Vous dites qu’il n’y a pas de plus beau joyau dans votre fief, en est-il simplement un plus beau dans le monde ? Je n’ai jamais rien vu de semblable. Merci du fond du cœur d’avoir partagé cette vue avec moi. Comment nommez-vous cela ? »
Il lui répondit que cela s’appelait les écharpes des dames de la nuit. Un nom bien mystérieux qui fit naître une nouvelle question dans l’esprit de la jeune femme mais qu’elle garda pour elle, pour le moment.

« Le ciel est une chose tellement fascinante. Ne trouvez-vous pas ? » lui demanda-t-elle avec un sourire. « J’aime en observer les astres mais un tel phénomène, je n’en avais jamais vu. Merci à vous de m’avoir montré ce lieu, il me plait beaucoup et j’espère que vous m’y conduirez à nouveau… J’aimerais pouvoir à nouveau observer les étoiles et, si nous sommes chanceux, ces écharpes. »
Enfin elle lui posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis que Hymir avait nommé le phénomène : « D’où vient ce nom d’écharpes des dames de la nuit ? Et qui sont ces dames ? »
Sans doute y avait-il quelques légendes locales à ce sujet.
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Irogenia de Salägnur, seigneur des terres du même nom et veuve du regretté Hymir de Salägnur

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MessagePosté le: Dim 11 Jan - 17:34 (2015)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord Répondre en citant

Cette journée avait été longue et la nuit est bien trop courte. Mais pourtant, le maître des lieux veut que son épouse voit l’ensemble du fief qui est désormais aussi sien. Autant les biens matériels, que les lieux d’importance, autant le peuple, que ce que les dieux leur offrent de plus beau et de plus merveilleux. Ce que les hommes et les femmes ne peuvent que contempler, craindre ou admirer, au-delà même de leur compréhension. Les habitants de Salägnur garde jalousement ce trésor et n’aiment voir les étrangers en profiter. Mais Irogenia n’est plus une étrangère, du moins pas pour son seigneur de mari, aussi lui offre t-il cette vue unique et merveilleuse du ciel de son fief.

La situation a de quoi paraître aussi romantique qu’un barde pourrait le décrire. Mais Hymir ne l’est pas. Ce n’est pas dans sa nature. C’est un guerrier, un combattant, un seigneur, voir peut être, de temps en temps, un noble. Mais certainement pas un homme pétri de tendresse et de romantisme, il suit son instinct, comme un animal suit le sien. Il agit de manière spontanée et sans réel calcul de sa part. Aussi ce qu’il fait en ce lieu, en cet instant, lui est complètement étranger et pour ainsi dire contre-nature. Cela ne durera guère, aussi son épouse devra profiter autant qu’elle pourra des rares moment d’intimité qu’ils auront et d’encore plus rares moment où elle jouira de tendresse. Il n’avait fait que répondre à son baiser, en se fiant à son intuition. Cela a eut l’air de plaire à son épouse, il saurait s’en souvenir, du moins l’espère t-il. L’opportunité que son attention soit tourné vers autre chose que son noble époux fut bien trop belle pour que celui-ci l’ignore et ne lui rende pas le baiser qui l’a tant surpris. Il ne dit mot lorsqu’elle mentionne sa douceur, ne pouvant guère répondre à cela.

Irogenia lui demande s’il y a plus beau dans le monde. Mais seul un haussement d’épaules lui répond. Comment son époux pourrait-il savoir, lui qui ne sort presque jamais de son fief ? Lui qui ne va pas que rarement à la capitale, croisé des nobles qu’ils n’aiment, des gens aux caractères mesquins et calculateurs, qui sont plus habitué aux draperies et à l’or, qu’à la fourrure ou au fer, si éloignés de lui. Combien d’entre eux rivalisent avec un simple guerrier de Salägnur ? Combien survivrait à une vie dans la plus froide contrée du royaume ? Fort peu, voir aucun sans doute. Les "écharpes des Dames de la nuit", voilà comment est nommé ce phénomène par le peuple d’Hymir. Ce dernier n’est pas un érudit, mais il avait suivi les rites et les mythes des dieux révérés en ces lieux. Il en savait un peu plus que son peuple, pour avoir étudier les anciens mythes, mais pas autant que les prêtres. La tradition est aussi enracinée dans les veines des guerriers du nord, que la chair sur leurs os. Mais même un fils de seigneur, passionné par les légendes et la religion, ne peut se substituer à un prêtre, aussi débutant soit-il.

"-Fascinante en effet, c’est le mot. Les marchands disent ne l’avoir jamais vu ailleurs qu’ici. Il ne se produit que les nuits de printemps. Cette terrasse est le seul lieu qui soit réservé à nos seules personnes. Nous nous y rendrons aussi souvent que notre rang nous le permettra." Il lui répond après une profonde inspiration. " Les légendes racontent que nos morts sont emmenés la nuit par les servantes des dieux et porté au ciel. Mais au printemps, elles permettent aux morts vertueux de revenir parmi les vivants, afin de voir ce qui a changé et si leur famille se conduisent avec honneur. Une légende raconte qu’un vivant, plein de dévotion, eut l’honneur de toucher une de ses écharpes et celle-ci devint cet arche de lumière que l’on voit après la pluie. Son nom a été oublié et ce qui devint, ainsi que ses secrets furent cachées des yeux des mortels. Nul mortel ne peut voir une Dame de la nuit, avant de rendre son dernier soupir."

Les puissantes mains du seigneur mettent son épouse à nouveau face à lui et se saisissent pour amener leurs visages l’un en face de l’autre, à la même hauteur. Les pieds de la dame ne touchent plus le sol. " Si ma dame désire m’embrasser, qu’elle demande à son époux de lui permettre de la regarder dans les yeux." Après avoir échangé un bref regard avec sa mie, il l’embrasse bien plus fougueusement qu’elle ne l’a fait tout à l’heure. Ses lèvres semblent se souder aux siennes, sa langue prend possession de la sienne. Son souffle brûlant se mêle au sien. Cette étreinte plus sauvage que romantique et soudaine dure un long moment, avant qu’il ne brise le baiser à nouveau. "Votre époux n’est pas aussi maladroit qu’il semble l’être dans cette pratique, n’est-ce pas ?" Pour Hymir, chaque nouveauté est un défi à relever, il prouve ainsi son courage et sa virilité. Il peut être surpris, mais il n’hésitera pas à réagir de la manière dont le guide son instinct.

Attendant sa réponse, ses yeux la fixent à nouveau, un instant. Puis, ils regardent l’océan et l’horizon. Le printemps a fait fondre la glace recouvrant la mer, désormais elle resplendit de toute sa beauté glacée. Bientôt les pêcheurs des terres les plus glacées qui soient viendront prendre, attraper les oiseaux et prendre les plantes aux falaises.Mais les baleines, elles, sont déjà revenus. Ces immenses animaux,qui s'évadent de ses contrées glacées pendant les rudes période, reviennent pour profiter des eaux très nourrissantes. Les pêcheurs de Salâgnur évitent de pêcher ces animaux puissants et immenses. Mais elles annoncent, pour eux, la reprise d'une pêche certaine et fructueuse et l'apport de poissons pour tout le fief, voir le royaume, si les marchands ont de la chance. C'est aussi l'occasion de sortir en mer pour certains personnes chanceuse ou fortunés de la plèbe. Une sortie en mer, n'est peut-être pas une si mauvaise idée, la mer est calme au printemps et l'eau est moins froide au printemps, même si peu ose s'y baigner. Cela faisait longtemps qu'Hyrim n'avait pas barré un petit bateau. Mais cela ne se perd pas.

"-Ma mie, s'il nous est permis d'avoir un peu de temps à nous comme cette nuit. Je souhaite que nous prenions un bateau, afin de vous montrez la mer. Si nous avons de la chance nous verrons quelque chose, mais il faudra que nous nous tenions à l'écart. Vous verrez des animaux à la taille à nul autre pareil. Il règne sur les eaux et nul ne saurait les défier. En tout cas, nul de suffisamment censé."
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MessagePosté le: Dim 18 Jan - 14:33 (2015)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord Répondre en citant

Lorsque la jeune femme lui avait demandé s’il y avait plus beau spectacle au monde que celui qu’il lui avait offert, Hymir s’était contenté d’un simple haussement d’épaules. La question d’Irogenia n’attendait de toute manière pas réellement de réponse. C’était presque un constat qu’elle faisait.
Il s’était montré également bref lorsqu’elle lui avait demandé le nom du phénomène et elle avait l’impression que la conversation le dérangeait. Peut-être aurait-il préféré qu’elle se taise, mais elle tenta une dernière question, mue tant par la curiosité que par son envie de connaître davantage son époux et son peuple. Elle lui avait ainsi demandé d’où venait le nom qu’ils donnaient aux aurores boréales. Là, le guerrier s’était soudain animé, lui expliquant largement son origine.

Lui aussi trouvait ce phénomène fascinant et il lui fit savoir qu’il n’avait lieu qu’au printemps et qu’ils iraient sur cette terrasse où on voyait si bien le panorama aussi souvent qu’ils le pourraient puisque tel était le désir de la jeune femme. Selon les marchands, il n’y avait qu’ici que ce phénomène se produisait.
Prenant une profonde inspiration, il poursuivit, expliquant que selon la légende les morts seraient emmenés la nuit par celles qui servent les dieux, les emportant ainsi au ciel. Ceci rappela d’autres choses à Irogenia mais elle le laissa poursuivre sans rien dire. Au printemps, ceux qui avaient eu une vie vertueuse pouvaient revenir parmi les vivants pour voir leur famille, voir s’ils se conduisaient dignement et comment le monde évoluait. D’après la légende un vivant particulièrement dévot eut le privilège de toucher l’écharpe de l’une de celles qui emmènent les morts et celle-ci se transforma en arc-en-ciel. Le nom de cet homme fut oublié avec le temps, de même que son destin. Hymir ajouta qu’aucun mortel ne pouvait voir une Dame de la nuit, qu’elles ne se révélaient que lors du dernier soupir.

Ce qui advint alors surprit réellement Irogenia. Hymir l’avait guidée pour qu’elle lui fasse face à nouveau avant de la saisir et de la soulever de terre. Un petit cri lui échappa alors qu’elle se demandait ce qu’il faisait. S’apprêtait-il à la jeter par-dessus la muraille ? Elle en doutait, et bien vite il balaya ce doute en lui disant que si elle voulait l’embrasser, elle n’avait qu’à demander à son époux et lui permettre de la regarder dans les yeux. Ils échangèrent alors un bref regard, aucun ne cillant, avant que Hymir ne rompe ce contact visuel pour l’embrasser sauvagement. La douceur était déjà oubliée semble-t-il. Son étreinte puissante était presque douloureuse pour la jeune femme dont les pieds pendaient dans le vide à quelques centimètres du sol tandis que son époux forçait sa bouche.
Irogenia n’avait fait aucune difficulté pour accepter ce baiser, le recevant avec plaisir mais malgré ça il se montrait dur dans sa façon de l’aimer. Leur étreinte dura un bon moment pendant lequel la jeune femme enlaça son époux, caressant avec délice ses cheveux, passant ses doigts dans les mèches blondes, essayant de se montrer à la hauteur de sa fougue. Elle n’avait pas sa force mais elle voulait se montrer aussi passionnée que lui.

Rompant leur baiser, laissant la jeune femme essoufflée, Hymir fit remarquer qu’il n’était finalement pas si maladroit en matière de baisers, lui demandant ce qu’elle en pensait. Il n’était pas maladroit, il agissait simplement à sa façon, prenant de force ce qu’il considérait comme sien. Irogenia se livrait à lui bien volontiers, quand bien même sa façon à elle d’embrasser était bien plus douce. Cela lui rappelait certains baisers de Tankred, et aussitôt la jeune femme sentit l’intérieur de ses cuisses d’humidifier…
Il la reposa alors à terre et elle lui sourit, réfléchissant à la façon de formuler sa réponse alors qu’elle lève les yeux vers lui.
« Vous êtes sauvage, presque brutal mais passionné. Peut-être vous enseignerai-je la douceur à moins que ce ne soit moi qui apprenne votre fougue… » lui répondit-elle.

Ils se tournèrent ensuite face à l’océan, bien sombre à cette heure-ci. La jeune femme se demandait d’ailleurs à quoi pouvait bien ressembler ce panorama en pleine journée. Peut-être qu’ils auraient l’occasion de s’y rendre ensemble un jour, mais c’était en journée qu’il y avait le plus à faire. Quoi qu’il arrive, ils avaient le temps, elle n’avait pas prévu de partir. Le pouvait-elle seulement de toute manière ?
Hymir lui fit alors une proposition des plus plaisantes. S’ils en avaient le temps, et c’était bien là le problème, il souhaitait prendre la mer avec elle. Il lui fit savoir qu’avec un peu de chance ils verraient des animaux gigantesques, souverains en leur domaine. Oh bien sûr qu’Irogenia souhaitait voir cela et elle se réjouissait d’avance.

« Mon seigneur, j’en serai ravie. J’ai déjà vu des créatures de grande taille sur terre, je suis impatiente de découvrir celles qui peuplent nos mers. Les animaux dont je parle se nomment éléphant. Ils sont gris, massif, deux fois plus haut que vous, avec de grandes défenses blanches leur sortant de la bouche et un long nez leur permettant d’attraper et manipuler toutes sortes de choses contrairement à leur queue qui est bien petite en comparaison. Leurs oreilles sont grandes également, leur permettant de se rafraichir.
Je serai heureuse de prendre la mer avec vous comme guide mon époux. Peut-être qu’un jour ce sera moi qui vous guiderais sur les terres de mon père si la chance nous est donnée de pouvoir nous y rendre ensemble. »
lui répondit-elle, le regard levé vers lui, son époux la dominant de toute sa taille. Pour voir le sourire de la jeune femme, Hymir était ainsi obligé de baisser le regard.
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Irogenia de Salägnur, seigneur des terres du même nom et veuve du regretté Hymir de Salägnur

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:43 (2017)    Sujet du message: Une promenade étoilée pour les seigneurs du Nord

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